Le gouvernement du Sénégal a procédé au recrutement d’enseignants, après un appel à candidature lancé en début du mois de mai 2021. Si cette mesure est susceptible d’apporter une solution au déficit d’enseignants dans les écoles publiques, la méthode de recrutement, elle, est en train, selon l’Office National de l’Enseignement Catholique du Sénégal (ONECS), de créer une saignée au sein de l’enseignement privé catholique.
Pour résorber le déficit en personnel enseignant dans les écoles publiques sénégalaises, le chef de l’État Macky Sall, par décret, a autorisé un recrutement spécial de 5000 enseignants, au titre de l’année scolaire 2020/2021. Les candidatures se sont faites exclusivement en ligne durant la période allant du 03 au 15 mai 2021. Les acteurs de l’enseignement ont certes applaudi à l’annonce de cette mesure, mais la méthode relative à la mise en œuvre de certains de ces recrutements a porté un sacré coup à l’enseignement privée en général et celui catholique en particulier. L’instance dirigeante de l’enseignement catholique est dans tous ses états et les mots pour le dire sont sans ambiguïté. « L’Office National de l’Enseignement Catholique du Sénégal (ONECS) s’inscrit en faux contre les agissements dépouillés de toutes formes de délicatesse de son ministère de tutelle », lit-on dans un communiqué signé le 22 décembre 2021. Pour justifier son indignation, ladite structure renvoie aux articles L-50 du Code du Travail sénégalais, L-57 du Code du Travail Sénégalais et l’article 29 de la Convention collective nationale du secteur de l’Enseignement privé. L’ONECS informe dans son communiqué que depuis le mois de septembre, veille des ouvertures scolaires, le ministère de l’Éducation Nationale saigne la ressource humaine de l’Enseignement Catholique, par des recrutements de l’ordre du déloyal.
Ledit document fait état de 173 permanents en contrats à durée indéterminé, détenteurs d’un diplôme professionnel, pour la presque totalité, qui ont été débauchés à travers ces recrutements. Toutefois, selon l’ONEC, le problème ne se situe point au niveau du nombre d’enseignants débauchés, mais plutôt la qualité. C’est d’autant plus inquiétant quand on constate ce départ massif d’enseignants au moment où les cours viennent à peine de démarrer. Ainsi la question que l’ONECS se pose est de savoir comment remplacer ces compétences en pleine année scolaire ?
Les multiples correspondances avenantes et discrètes pour attirer l’attention des autorités sont restées sans réponse, ce qui met l’ONECS dans l’obligation de prendre à témoin l’opinion publique, au nom des liens institutionnels historiques qui lie l’Enseignement catholique à l’État du Sénégal, de sa contribution qualitative dans la construction d’un Sénégal émergent et de sa disponibilité à collaborer avec l’État et ses institutions.
Jean-Michel Cissé
