En cette journée du 4 octobre 2024, alors que l’Église célèbre la fête de Saint François d’Assise, Emmanuel Diédhiou nous offre une réflexion saisissante sur la pertinence contemporaine du saint patron de l’écologie. Dans son texte « Saint François d’Assise, notre contemporain », l’auteur tisse habilement des liens entre la spiritualité franciscaine et les défis pressants de notre époque, de la crise environnementale à la quête de paix et de dignité humaine. Une lecture inspirante qui nous invite à redécouvrir la sagesse intemporelle de Saint François et son application dans notre monde moderne.
Aurait-on un François dans nos rangs qu’il sache qu’intercède pour lui au ciel un des plus grands saints que la Sainte Eglise ait vénérés.
L’actualité brûlante de ces dix dernières années montre, en effet, l’extraordinaire fécondité spirituelle de sa pensée, lui qui communiait avec la nature, sa sœur bien-aimée.
Que le nouveau pape prenne, en 2013, son nom, que Laudato si s’en suive, que les grands de ce monde appellent à une conversion écologique face aux périls environnementaux, tout cela témoigne et dénote de ce que Saint François d’Assise incarnait comme double idéal spirituel et socio-écologique.
Pour lui, l’harmonie cosmique, vivre en osmose avec la nature c’est assurément promouvoir la Paix, cet autre don de Dieu qui lui inspira la prière la plus charnelle qui soit.
Des siècles nous séparent, certes, de ce saint homme, mais il reste plus que jamais notre « contemporain », tant le cordon ombilique qui lie son oeuvre aux problématiques structurantes de notre temps est saisissant à plus d’un titre.
Avec lui, la pauvreté a un sens évangélique profond qui ne peut signifier cette indigence materielle ou financière, encore moins cette violence qui frappe aux yeux aux travers d’enfants malnutris, de femmes faméliques sur les routes de l’exil, de mendiants pitoyables aux carrefours de nos villes et cités impassibles.
La pauvreté du saint d’Assises est conscience renouvelée qu’il n’y a de Dieu que Dieu, mais surtout elle est une invite à lutter contre tout ce qui avilit la dignité inaliéanable de l’homme : misère, famine, analphabètisme, guerre, tribalisme…
Daigne à la prière de saint François d’Assise, nos cœurs s’éprennent : là est la véritable paix qui fait luire de beauté dame pauvreté et reverdir l’espérance au creux de nos mains.
Emmanuel DIEDHIOU
