J’ai mal à la liturgie. Oui, j’ai mal à la liturgie lorsque je vois se côtoyer le relativisme et le subjectivisme sous les apparences de l’inculturation et de la créativité qui, bien dosées, bien posées et bien assumées, y ont toute leur place. Il y a de quoi avoir mal à la liturgie lorsque « ce que je pense, ce que je juge bon de faire, etc. » l’emporte sur une tradition liturgique qui s’est construite au fil des siècles par une chaîne ininterrompue d’hommes et de femmes avisés.
L’on ne peut qu’avoir mal à la liturgie lorsque nos efforts d’inculturation se dissolvent dans une certaine folklorisation qui nous tire plus vers le bas qu’elle nous élève.
Je ne saurais cacher mon mal à la liturgie lorsqu’elle sombre dans la fantaisie, l’excès, l’impréparation et l’imprécision. Qui pour sauver la liturgie des graves dangers qu’elle court ? Qui pour nous aider à entrer et à rester dans « l’esprit de la liturgie »? Qui donc pour nous aider à renoncer au « superflu liturgique » qui n’est pas sans conséquence pour notre foi ?
Il serait grand temps que chacun (prêtres, religieux-ses, fidèles laïcs), sans verser dans la rigidité et tenant compte de la diversité qui existe et doit exister en son sein, s’emploie à donner ses lettres de noblesse à la liturgie, ce patrimoine inestimable de l’Église, en se conformant à la sage, intelligente, pieuse et prudente voie qu’elle nous trace, en vue de nous amener à mieux célébrer ce que nous croyons.
Bonne année liturgique à toutes et à tous et saint temps de l’Avent.
In Christo!
Abbé Séraphin-Raphaël NTAB
Diocèse de Kolda
Professeur de Théologie Dogmatique

Le prêtre, Abbé Séraphin, ne cesse chaque jour de nous surprendre avec ses pertinente réflexion sur l’église de façon générale.
Merci Pr.
Bien dit merci abbé que Dieu vous garde