« J’ai mal à la liturgie » (Abbé Séraphin-Raphaël Ntab)

J’ai mal à la liturgie. Oui, j’ai mal à la liturgie lorsque je vois se côtoyer le relativisme et le subjectivisme sous les apparences de l’inculturation et de la créativité qui, bien dosées, bien posées et bien assumées, y ont toute leur place. Il y a de quoi avoir mal à la liturgie lorsque « ce que je pense, ce que je juge bon de faire, etc. » l’emporte sur une tradition liturgique qui s’est construite au fil des siècles par une chaîne ininterrompue d’hommes et de femmes avisés.

L’on ne peut qu’avoir mal à la liturgie lorsque nos efforts d’inculturation se dissolvent dans une certaine folklorisation qui nous tire plus vers le bas qu’elle nous élève.

Je ne saurais cacher mon mal à la liturgie lorsqu’elle sombre dans la fantaisie, l’excès, l’impréparation et l’imprécision. Qui pour sauver la liturgie des graves dangers qu’elle court ? Qui pour nous aider à entrer et à rester dans « l’esprit de la liturgie »? Qui donc pour nous aider à renoncer au « superflu liturgique » qui n’est pas sans conséquence pour notre foi ?

Il serait grand temps que chacun (prêtres, religieux-ses, fidèles laïcs), sans verser dans la rigidité et tenant compte de la diversité qui existe et doit exister en son sein, s’emploie à donner ses lettres de noblesse à la liturgie, ce patrimoine inestimable de l’Église, en se conformant à la sage, intelligente, pieuse  et prudente voie qu’elle nous trace, en vue de nous amener à  mieux célébrer ce que nous croyons.

Bonne année liturgique à toutes et à tous et saint temps de l’Avent.

In Christo!

Abbé Séraphin-Raphaël NTAB

Diocèse de Kolda

Professeur de Théologie Dogmatique

2 commentaires

  1. Le prêtre, Abbé Séraphin, ne cesse chaque jour de nous surprendre avec ses pertinente réflexion sur l’église de façon générale.
    Merci Pr.

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