Assistance humanitaire : « Aidons-nous vivants » (Lagina Gomis)

L’humanitaire virtuelle est sujette à question aujourd’hui. De plus en plus, sur les réseaux sociaux, des personnes frappées par une maladie à coût onéreux n’hésitent pas à afficher leurs vulnérabilités pour demander de l’aide. Un acte courageux qui demande un dépassement de soi, un « oubli » de son égo. Car, il n’est pas donner à tout le monde de faire étalage sur la place publique de ses difficultés.

Cependant, ils sont nombreux à ne point prêter une oreille attentive à l’appel au secours de ces mains tendues. Cette indifférence s’explique à plusieurs niveaux.

Quand bien même on peut accorder du crédit à certaines personnes, il faut, toutefois, reconnaître que les cas d’escroquerie font légion sur la toile.

Combien de fois n’a-t-on pas assisté à une levée de fonds sous forme de Téléthon ou cagnotte sans en connaitre l’aboutissement ?

Des faux malades avec la complicité de gens véreux en font voir de toutes les couleurs à ceux qui ont la main sur le cœur.

Rares sont, en effet, les personnes qui réagissent favorablement à une demande d’aide sur les réseaux sociaux. Pourtant, l’entraide est une recommandation divine attestée par toutes les religions.

L’écart entre les couches sociales est tellement vaste qu’on peut s’étonner que les plus nantis ne soient pas plus enclins à aider les nécessiteux. À l’exemple de certaines célébrités qui vivent dans un luxe insolent frisant le gaspillage, dont le narcissisme exacerbé sur les réseaux sociaux fait qu’ils dépensent beaucoup d’argent juste pour un vêtement qui va servir de support pour un selfie alors qu’un malade attend à côté un tout petit geste. Ils ratent ainsi une bonne occasion de faire preuve d’humanisme et peut-être de soulager leur conscience.

Certes, des mécanismes d’assistance existent à l’image de certaines fondations mais, cela ne doit pas empêcher les plus nantis d’aider les plus faibles.

Certaines personnes  malades préfèrent  garder leur dignité jusqu’à ce que la mort les emporte. Le cas le plus récent est celui de la fille de Dagana, décédée parce que n’ayant pas les moyens de se soigner.

Et dire que nos sociétés ont créé des notions comme le « soutoureu » rien que pour permettre à ceux qui le souhaitent d’aider dans la discrétion. Alors, on peut s’étonner que des compatriotes trépassent par défaut d’assistance.

Aidons-nous vivants, c’est le plus important.

L’argent ne nous poursuivra pas dans notre tombe. À méditer.

          Lagina Gomis

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