Fonds d’urgence Sénégal : un plan national pour assister 359.644 personnes en situation de crise alimentaire

Les Evêques du Sénégal veulent anticiper sur une éventuelle crise alimentaire au Sénégal en lançant le 7 mars dernier une campagne de collecte de fonds d’urgence. Les raisons, explique Mgr Benjamin Ndiaye,  sont dues au fait que  le Sénégal, à l’image d’autres pays du Sahel, est régulièrement exposé à des chocs d’ordre alimentaire et nutritionnel.

«Les raisons sont nombreuses, dont notamment la faiblesse des précipitations, le décalage de l’hivernage, la fréquence des pauses pluviométriques, sans compter les inondations. Ce sont là autant d’effets du changement climatique auxquels il nous faut faire face», explique l’archevêque de Dakar qui souligne que  le dernier hivernage, de ce point de vue, n’a pas répondu aux attentes des populations rurales de notre pays. «D’une région à l’autre, les récoltes sont en-deçà de ce qui est nécessaire à de nombreuses familles pour se nourrir décemment. Cette situation laisse présager une période de soudure difficile. Or nous le savons, ces chocs persistants sont plus ressentis par les ménages les plus vulnérables», ajoute Mgr Benjamin Ndiaye.

Ainsi, renseigne-t-il, les autorités de l’Etat du Sénégal, conscientes de la situation, ont élaboré, avec le concours d’organisations comme Caritas Sénégal et d’autres, un Plan National de Riposte pour assister au plus vite 359.644 personnes en situation de crise alimentaire.

«Mais certains de nos compatriotes sont déjà en situation de vulnérabilité, tandis que d’autres le seront dans les mois qui viennent. Ces ménages ont naturellement besoin de notre solidarité», avertit le prélat. «C’est pour faire face à ces situations récurrentes d’urgence que, sous l’égide des Evêques du Sénégal, il a été créé un Fonds d’Urgence Sénégal dont la mise en œuvre a été confiée à notre Caritas. Au nom des Evêques, nous souhaitons mobiliser l’ensemble des fidèles catholiques de nos diocèses, toutes structures d’Eglise confondues, ainsi que les hommes et femmes de bonne volonté de notre pays. Nous pourrons ainsi réunir les moyens nécessaires à nos interventions sans toujours attendre une aide qui vienne de l’extérieur, ce qui a très souvent été le cas».

La campagne   lancée le 07 mars   durera jusqu’au 22 mars, soit deux semaines. «Chacun peut y participer selon son cœur, même s’il est demandé une contribution symbolique de 100F, somme estimée à la portée du plus grand nombre. Nous comptons sur les pasteurs et sur les responsables des structures pour l’organiser en coordination avec les Caritas de nos diocèses respectifs»,  précise l’archevêque.

 Georges Nesta DIOP

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