Abbé Albert Sène indique un tryptique vertueux pour rebâtir un Sénégal de justice et de paix

Les échos de la 136ème édition du pèlerinage de Poponguine résonnent encore dans les cœurs et les esprits. Présidant la messe des marcheurs dans la nuit du dimanche 19 mai 2024, l’abbé Albert Sène, Vicaire général du diocèse de Thiès, a dressé un constat lucide, mais empreint d’espérance pour le Sénégal. S’appuyant sur le thème général de Poponguine 2024, « Avec Marie, notre Mère, marchons ensemble pour un Sénégal de justice et de paix », il a lancé un vibrant appel à la reconstruction d’un pays meurtri, mais résilient dans l’homélie qui l’a prononcé devant des milliers de pèlerins.

Car le Sénégal sort à peine de « moments critiques et tumultueux », a-t-il rappelé, évoquant les récentes vicissitudes politiques, économiques et sociales du pays. Mais « par la grâce de Dieu et la maturité du peuple sénégalais », a-t-il ajouté, ces temps sont révolus. Cette résilience s’avère très satisfaisante, digne des efforts consentis, notamment de l’attitude « prophétique » et du « courage de dire la vérité » de l’Église du Sénégal en ces heures sombres.

Cependant, les effets sont encore là, et désormais la reprise s’impose. « L’incompréhension et la colère se sont transformées en confiance et en espoir. Ce qui est attendu de tous aujourd’hui, c’est de retrousser les manches et de travailler pour réconcilier, unir tous les sénégalais, et se consacrer au développement de ce pays », a déclaré Abbé Albert Sène.

Un développement qu’il a lié à une renaissance morale et intellectuelle de la société. « Le développement commence dans l’esprit. D’abord, c’est une question d’état d’esprit et de mentalité », a-t-il affirmé. Il y a donc un défi à relever en matière de comportements et de façons de penser qui ralentissent le progrès.

Prière, conversion et travail pour rebâtir le Sénégal

Mais sur quelle base rebâtir ? Pour le vicaire général de Thiès, la réponse réside dans un triptyque vertueux : la prière, la conversion et le travail. Il a souligné en premier lieu la prière : « En premier lieu, la justice et la paix sont des dons de Dieu à accueillir ». Une prière nourrie de la contemplation du Christ, « le Soleil de justice et le Prince de la paix », animée par l’Esprit Saint. Ensuite, une conversion, cette « rupture » intérieure indispensable « pour rejeter le péché et retourner à Dieu ». Un appel à l’examen de conscience pour ôter de son être et de sa conduite « tout frein à l’avènement de la justice et de la paix » : la violence, le mensonge, la corruption, etc.

Enfin, le travail acharné pour que chaque citoyen s’engage activement et « apporte sa contribution » concrète à ces valeurs essentielles. « Jésus a proclamé bienheureux les artisans de paix », a rappelé l’abbé Sène. « Que fait l’artisan ? Il rassemble patiemment tous les matériaux et se met au travail jusqu’à achever son œuvre. C’est à chacun d’entre nous d’être un artisan de justice et un instrument de paix. » Un appel vigoureux au labeur patient et déterminé, que l’abbé Albert a nourri de multiples exhortations à cultiver l’éthique du travail, de la discipline et de l’effort. « Le respect de la loi, la rigueur, le travail sont les comportements indispensables pour l’avènement de la justice, de la paix et du développement », a-t-il insisté.La paresse, la désinvolture et « le laisser-aller » ont été également dénoncés comme des poisons rongeant la société. « Convertissons-nous ! », a lancé l’abbé Sène avec force. « Il y en a beaucoup qui constituent un frein : le bavardage, la paresse, la cupidité, les raccourcis, le mensonge et le non-respect de l’intérêt général… »

Réquisitoire contre l’inaction

L’homélie s’est faite d’autant plus cinglante que ce mal touche toutes les composantes de la nation selon lui. Les jeunes ont été explicitement appelés à se ressaisir face à la tentation de l’ « oisiveté ». Mais l’élite dirigeante n’a pas été épargnée non plus dans ce réquisitoire contre l’inaction. « Les autorités et gouvernants doivent promouvoir la transparence, la reddition des comptes et le respect des lois. Ils doivent privilégier la compétence et le mérite, avoir de l’audace et de l’ambition, au lieu de se complaire dans l’immobilisme », a tonné l’abbé Sène depuis la chaire de Poponguine. Appelant à « bannir » définitivement ces attitudes contraires au travail et au progrès. Seul un sursaut général dans l’engagement et l’effort permettra, selon le prédicateur, de « réparer les injustices » passées et d’ouvrir la voie à l’émergence véritable du Sénégal.

Se mettre à l’école à Marie

Mais pour mener à bien cette vaste entreprise de redressement national, l’actuel  Vicaire général de Thiès a présenté Marie, « l’humble Servante », « la Comblée de grâce », « la Mère de Dieu ». Son message : se mettre à « l’école » de la Vierge pour, à son exemple, accueillir les dons divins, se convertir aux appels du Seigneur et œuvrer avec persévérance.

« Que chacun de nous contemple en elle ce qu’est l’Église, ce que doit être chaque chrétien et ce à quoi nous sommes destinés : la vie éternelle auprès de Dieu », a-t-il exhorté dans une chute vibrante. Dans un Sénégal marqué par les crises, il n’y a qu’une seule prescription pour la reconstruction : celle de revenir à ses vertus mariales d’humilité, de courage et d’espoir indispensable. 

Fidespost

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