Il était l’une des attractions de la traditionnelle marche des jeunes, à l’occasion de la 134ème édition du pèlerinage de Poponguine. Dieudonné Dagoia, 26 ans, est de la paroisse saint Paul de Grand Yoff. Il parcourait pour la troisième fois les 52 km qui séparent le Foyer de Charité du Cap des Biches du sanctuaire marial. « Je le devais à la Vierge Marie, notre Mère du ciel », explique-t-il sur sa participation à cet éprouvant exercice spirituel malgré sa situation de personne à mobilité réduite.
Pourtant, une semaine avant le pèlerinage, Dieudonné n’était pas sûr de prendre part à la marche des jeunes. « J’étais à la fois hésitant et bien confus. J’avais de sérieux doutes sur ma participation. Je me demandais si j’allais arriver à destination. Mais en même temps, je percevais ma participation à la marche de cette année comme un combat spirituel à mener. Par la grâce de Dieu et avec l’appui de la Vierge Marie, sans oublier les encouragements de mes amis et des autres marcheurs, je suis arrivé à Poponguine », confie-t-il.
Sportif dans l’âme, Dieudonné est certainement aidé par la bonne forme physique dont il fait montre. « Je pratique plusieurs sports, notamment le football, l’athlétisme, le lancer du javelot, du disque et du poids. Mais le handibasket est mon sport favori », fait-il avoir.
Toutefois, le jeune Dagoia considère que c’est dans sa foi au Christ et son amour pour la Vierge Marie qu’il a trouvé la force d’aller jusqu’au bout. « J’ai décidé de faire cette marche vers Notre Dame de Poponguine parce que je sentais qu’il s‘agissait d’une dette que j’avais envers elle. Je suis sûr qu’elle me fera découvrir l’objet de cette dette d’ici à quelque temps. J’entendais certains jeunes se demander « Lane mo ko diaral li mouye def ni ? » mais je répondais au fond de moi-même que la Vierge Marie mérite tous les efforts et les sacrifices, ainsi que tous les honneurs. Et depuis que je participe à la marche de Poponguine, c’est au cours de cette édition que j’ai pu vivre ma foi avec une plus grande densité que les autres fois ». Une foi à toute épreuve, pourrait-on dire.
En effet, tout n’a pas été facile pour lui tout au long de ce pèlerinage. « Cette troisième participation a été la plus éprouvante et la plus douloureuse. Sur le trajet, il m’est arrivé plusieurs fois de m’isoler pour pleurer. Ce qui ne m’était jamais arrivé auparavant. J’ai pris consciences de mes limites et de ma faiblesse, mais j’ai essayé de donner le meilleur de moi-même, en l’honneur de la Vierge Marie ».
Sa vie familiale est aussi parsemée d’épreuves. « J’ai perdu ma mère à l’âge de 6 ans. Je vis avec mon père et mes frères et sœurs. La vie n’est pas facile. Je me lève tous les jours à 5 h du matin pour essayer de trouver quelque chose. C’est seulement cette année que j’ai été recruté au collège Hyacinthe Thiandoum comme convoyeur ». Son cursus scolaire s’est arrêté en classe de Terminale.
Dieudonné Dagoia se souvient, par ailleurs, de sa première participation à la marche. « Elle a été bien difficile. Ce n’était pas facile de supporter le regard des autres, qui faisaient trop attention à moi. Je n’avançais pas au même rythme qu’eux. Fort heureusement, beaucoup d’entre eux m’ont encouragé et motivé à poursuivre mes efforts ».
« Après trois participations, je crois que je suis à mesure, en toute humilité, d’encourager les jeunes à prendre la marche vers Notre Dame de Poponguine au sérieux. Ce n’est pas une démarche ordinaire, ni un simple exercice physique. C’est une véritable épreuve spirituelle. Je peux dire que la marche de cette année a été la plus dure épreuve de toute ma vie. Ma ngui dogueu sentir sama boop thi sama vie de foi. Marcher en faisant l’expérience de la souffrance pour rendre hommage à la Vierge Marie requiert beaucoup d’humilité », conseille enfin Dieudonné.
Fidespost
