Originaire de la Casamance (Sud du Sénégal), plus précisément de Ziguinchor, Peter Kabo est un chrétien laïc qui, – après un parcours au séminaire sans aboutir à l’ordination sacrée –, se spécialise sur les disciplines universitaires suivantes : Droit canonique (Université de Strasbourg), Théologie (Université catholique de Lille) et Sciences des Religions (Université d’Artois). Ses domaines d’intérêt, afférents à ces dites disciplines, sont : le dialogue interreligieux et interculturel ; le droit canonique ; le droit des religions ; le scoutisme ; la doctrine sociale de l’Église ; la théologie de la communication ; la théologie des migrations ; la politique ; l’économie… Dans sa première chronique sur Fidespsot, il revient sur question souvent souvent évoquée de la différence entre un clerc et un fidèle laïc.
Ayant pour sources le canon 107 du Code de Droit canonique de 1917 et la constitution dogmatique sur l’Église « Lumen Gentium » (aux numéros 10, 20, 30-33 et 40-43) du concile Vatican II, le canon 207 du Code de Droit canonique de 1983, – surtout en son paragraphe 1 –, a fait l’objet d’une évolution dans ses schémas préparatoires en l’occurrence Populo Dei 81, 1980 Schema Codicis 202 et 1982 Schema Codicis 207. L’intérêt d’une telle évolution est l’affirmation de la condition commune de fidèles du Christ fondée sur la dignité même du baptême par lequel ceux-ci sont incorporés au Christ et « constitués en peuple de Dieu » (cf. canon 204 § 1 Code de Droit canonique de 1983). Ce que Monseigneur Dominique Le Tourneau, dans son étude du canon 207, relève sans ambages en notant que « la condition de fidèle du Christ est commune » aux baptisés qui forment le Corps du Christ, l’Église. En clair, tous les baptisés sont fidèles du Christ jouissant tous de la même dignité du baptême et participant au sacerdoce commun (cf. LG 10).
Au demeurant, la condition commune de christifideles qu’exprime le présent canon, n’exclut pas la distinction entre les fidèles composés des ministres sacrés appelés clercs et des laïcs. Cette distinction, contrairement au canon 107 du Code de 1917, n’est pas une distinction liée aux états de vie. En effet, elle repose sur le fait que dans l’Église demeurent divers charismes, divers ministères (cf. 1 Co 12,4-6) et donc divers sacrements. Ce qui explique, d’ailleurs, la variété de condition juridique dans l’Église : clercs, laïcs et membres de la vie consacrée, « en vertu du principe de variété ou principe hiérarchique », comme le souligne Le Tourneau. Il s’agit d’une « diversification fonctionnelle ».
De fait, à juste titre, rappelons ici les propos de Lumen Gentium 10 : « Le sacerdoce commun des fidèles et le sacerdoce ministériel ou hiérarchique, qui ont entre eux une différence essentielle et non seulement de degré, sont cependant ordonnés l’un à l’autre : l’un et l’autre, en effet, chacun selon son mode propre, participent de l’unique sacerdoce du Christ. Celui qui a reçu le sacerdoce ministériel jouit d’un pouvoir sacré pour former et conduire le peuple sacerdotal, pour faire, dans le rôle du Christ, le sacrifice eucharistique et l’offrir à Dieu au nom du peuple tout entier ; les fidèles eux, de par le sacerdoce royal qui est le leur, concourent à l’offrande de l’Eucharistie et exercent leur sacerdoce par la réception des sacrements, la prière et l’action de grâces, le témoignage d’une vie sainte, leur renoncement et leur charité effective. »
En d’autres termes, tous les fidèles du Christ, chacun selon sa condition propre, participent à l’unique sacerdoce du Christ. Par conséquent, tous, laïcs et pasteurs, égaux en dignité de par le baptême et distincts de par leur condition ou fonction, doivent demeurer dans la communion parfaite avec l’Église (cf. canon 209 § 1). Cela étant, urge-t-il, pour mieux « promouvoir la croissance et la sanctification continuelle de l’Église » (canon 210), de redécouvrir aujourd’hui cette communion entre laïcs et pasteurs dans « l’ecclésialité » qui reste inhérente au statut des fidèles dont la condition reste commune à tous.
Peter KABO
