Journée Mondiale des Pauvres 2020 : « Prendre soin des pauvres n’est pas facultatif» selon le Pape François, les fidèles de l’archidiocèse appelés à poser des actes concrets

Prendre soin des pauvres n’est pas une exhortation facultative, mais la condition de l’authenticité de la foi chrétienne, déclare le pape François dans son «message pour la Journée mondiale des pauvres», célébrée dimanche prochain, 15 novembre 2020. Dans l’archidiocèse de Dakar, Abbé Alphonse Biram Ndour, Vicaire épiscopale chargé du Service, « engage les paroisses à mettre en place des actions concrètes pour aider les Caritas paroissiales à soutenir la lutte pour renforcer les résiliences et éradiquer la pauvreté » . La Journée Mondiale des Pauvre instituée par le Pape François en 2017, se tient chaque année lors du 33ème dimanche du temps ordinaire.

Pour la quatrième Journée Mondiale des Pauvres qui aura lieu cette année le 15 novembre, le Pape François a publié un message intitulé «Tends ta main au pauvre». «Le cri silencieux des nombreux pauvres doit trouver le peuple de Dieu en première ligne», exhorte-il dans son message. Sur ce point la Parole de Dieu ne laisse jamais tranquilles les chrétiens, a-t-il insisté, « car il ne s’agit pas d’une exhortation facultative, mais d’une condition de l’authenticité de la foi ».

Tendre la main au pauvre n’est pas facile, reconnaît le Pape. Il conseille, pour s’y préparer, un entraînement quotidien fondé sur la conscience de la miséricorde donnée à chacun par Dieu et par son prochain. Dès qu’une personne reconnaît sa pauvreté évangélique, elle peut à son tour reconnaître le pauvre et l’aider, insiste le pontife.

Le Saint-Père souligne combien il est facile de manquer ces nombreuses mains tendues dans la vie quotidienne, tant la hâte plonge chacun dans un «tourbillon d’indifférence». Sur ce point, il fustige le rôle des médias qui ne relaient que des mauvaises nouvelles et laissent croire que «le mal règne en maître». Au contraire, affirme-t-il, «la vie est tissée d’actes de respect et de générosité» qui compensent le mal et poussent à l’espérance.

«En ces mois où le monde entier a été submergé par un virus qui a apporté douleur et mort, détresse et égarement, combien de mains tendues nous avons pu voir», s’est réjoui le pontife. Médecins, infirmiers, bénévoles ou prêtres ont ainsi «défié la contagion et la peur pour apporter soutien et consolation», formant pour l’humanité une sorte de «litanie des saints de la porte d’à côté».

«Pendant la crise sanitaire, l’humanité a cependant fait l’expérience de la limite et de la restriction de la liberté», a analysé l’évêque de Rome. Elle a dès lors redécouvert, à rebours des certitudes matérielles et spirituelles, l’importance de la simplicité et mûri l’exigence d’une nouvelle fraternité.

Ainsi, le pape François souligne combien la période actuelle est propice au changement. «Les graves crises économiques, financières et politiques ne cesseront pas tant que nous laisserons en état de veille la responsabilité que chacun doit sentir envers le prochain et chaque personne », insiste-t-il. L’humanité a fait l’expérience de l’impossibilité d’être aux côtés de ceux qui souffrent et […] pris conscience de la fragilité de [son] existence».

Néanmoins, cette période a aussi fait ressortir par contraste «l’attitude de ceux qui tiennent leurs mains dans leurs poches et ne se laissent pas émouvoir par la pauvreté». «L’indifférence et le cynisme sont leur nourriture quotidienne», déplore le Pape François.

Il a, par ailleurs, condamné les mains «qui touchent rapidement le clavier d’un ordinateur pour déplacer des sommes d’argent d’une partie du monde à l’autre, décrétant la richesse des oligarchies et la misère de multitudes ou la faillite de nations entières». Il a aussi une nouvelle fois condamné celles qui s’enrichissent avec le commerce des armes.

Il a aussi de plus dénoncé ces mains qui dans l’ombre, échangent des doses de mort pour s’enrichir et vivre dans le luxe et le désordre éphémère ou celles qui en sous-main échangent des faveurs illégales contre un gain facile et corrompu. «L’humanité ne sera pas heureuse tant que ces mains qui sèment la mort ne seront pas transformées en instruments de justice et de paix», a-t-il insisté.

Dans un message adressé aux prêtres, religieux et fidèles laïcs de l’archidiocèse de Dakar, à l’occasion de la Journée Mondiale des Pauvres, Abbé Alphonse Biram Ndour, Vicaire épiscopal changé du Service les « engage à marquer cette journée en faveur des pauvres dans les prédications du week-end et à mettre en place des actions concrètes à travers les paroisses et les établissements pour aider la Caritas et les Caritas paroissiales à soutenir la lutte pour renforcer les résiliences et éradiquer la pauvreté » .

Le Curé de la paroisse Saint Paul de Grand Yoff les encourage également « à s’approprier les œuvres de miséricordes corporelles (Mt 25) » et à accueillir le message du Saint-Père, qui, selon lui, « invite à ouvrir les yeux sur la réalité de notre monde et la misère que le manque de partage vrai engendre ».

Fidespost

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