« La première chose qu’on me demande dans les villages indigènes, c’est ‘Où est votre femme?’ » (Mgr Erwin Kräutler)

La question explosive des « viri probati » — des prêtres mariés d’âge mûr au comportement catholique irréprochable — est abordée avec insistance depuis l’ouverture lundi des débats de l’assemblée spéciale épiscopale consacrée aux problèmes de l’Amazonie. Pour Mgr Erwin Kräutler, un missionnaire autrichien qui est évêque émérite de Xingu au Brésil, estime que les deux tiers des évêques de la région panamazonique sont favorables aux « viri probati ».

« Il n’y a pas d’autre possibilité. Les peuples autochtones le demandent clairement », a plaidé mercredi l’évêque devant la presse.

« La première chose qu’on me demande dans les villages indigènes, c’est « Où est votre femme? ». Je leur explique que je ne suis pas marié et ils ont un peu pitié de moi! », raconte-t-il.

L’eucharistie ou communion, un sacrement essentiel dans la doctrine chrétienne, est l’apanage d’un prêtre célibataire. Or Mgr Kräutler juge que l’eucharistie est plus importante que le célibat des prêtres, imposé seulement à partir du 11ème siècle. « Une idée partagée majoritairement » dans la salle du synode, juge un témoin des débats à huis clos.

« L’écosystème ecclésial ne parvient plus à susciter et soutenir suffisamment de vocations sacerdotales et religieuses. Il y a une sorte de déforestation de la culture catholique », a décrit un évêque hispanophone, selon ce témoin.

Le cardinal brésilien Claudio Hummes, président du Réseau ecclésial pan-amazonien (REPAM) et rapporteur du synode, juge pour sa part « nécessaire de définir des nouvelles voies pour le futur » face aux demandes des peuples autochtones.

avec afp

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