L’imam nigérian Abubakar Abdullahi a été honoré en juillet dernier par les Etats-Unis ont avoir sauvé 262 chrétiens. Il a risqué sa vie en 2018 lorsqu’il est intervenu pour sauver des chrétiens et d’autres personnes poursuivis par des bergers Fulani, en leur ouvrant les portes d’une mosquée et de sa maison.
L’imam Abubakar Abdullahi, 83 ans, a risqué sa vie pour sauver 262 chrétiens, selon le Département d’Etat. Sans son intervention, ils auraient probablement été tués, le 23 juin 2018, par des bergers de l’ethnie Fulani, à majorité musulmane. Ils avaient lancé des attaques coordonnées sur 10 villages de BarkinLadi, dans l’Etat du Plateau, tuant des centaines de fermiers de l’ethnie Berom, pour la plupart chrétienne.
L’imam Abdullahi qui dirigeait ses fidèles pour la prière en milieu de journée a entendu des coups de feu, à la fin de l’office. Quand il est sorti avec ses fidèles, ils ont vu les chrétiens de la ville s’enfuir. Il leur a immédiatement ouvert les portes de la mosquée et de son domicile, situé à côté. Il est ensuite sorti pour affronter les hommes armés, refusant de les laisser entrer dans les lieux. Les suppliant d’épargner les chrétiens à l’intérieur, il a même proposé de sacrifier sa vie pour préserver celle des chrétiens.
Bien que les hommes armés aient tué 84 personnes dans le village de Nghar, ce jour-là, le geste de l’imam Abdullahi a sauvé la vie de centaines d’autres.
Pour le Département d’Etat américain, son courage face au danger “imminent” et l’histoire de ses relations sociales avec les chrétiens, malgré la cohabitation difficile entre musulmans et chrétiens au Nigeria, témoignent de “son engagement sans faille”, dans la promotion de “la compréhension et de la paix” entre les religions.
Lorsque le vice-président du Nigeria, Yemi Osinbajo, a salué son courage en mai dernier, l’imam a déclaré : « Dieu a créé l’humanité de manière non uniforme, mais il veut que nous vivions ensemble dans la paix et l’harmonie, et non que nous nous fassions du mal. »
